D’abord, je l’ai détesté, et puis je l’ai traduit avec passion

Lu sous la plume de Rana Hayek, un article (en arabe) paru dans le quotidien londonien al-Hayat sous le titre « D’abord, je l’ai détesté, et puis je l’ai traduit avec passion » (extraits):

« La question, posée par l’éditeur égyptien Mohammad Hashim [directeur de la remarquable maison d’édition Merit] – « Vous avez lu quelque chose de Modiano? » – m’a prise au dépourvu. Je n’avais alors pas entendu parler de cet auteur, malgré mes lectures variées en langue française. […]

J’habitais Le Caire à l’époque, tout en me rendant périodiquement à Beyrouth, où j’avais fait le plein de romans de Modiano. Je suis allée à mon deuxième rendez-vous chez l’éditeur avec un sac rempli de ses oeuvres. Je ne le supportais pas. Les livres m’étaient tombés des mains l’un après l’autre, sans que je sois arrivée à chaque fois à en dépasser la moitié. A maintes reprises, j’avais maudit Hashim et ses choix: n’avait-il trouvé personne d’autre que cet auteur austère et ennuyeux à me proposer? […].

Plonger dans l’oeuvre de Modiano n’est pas chose aisée, car il est lui-même un monde dont il n’est pas facile de franchir la porte, et un magnifique piège dans lequel on ne tombe pas sans effort.

Et pourtant.

Alors que ma traduction en arabe de son roman « Des Inconnues » a paru il y a près de 10 ans…

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je ne peux, encore aujourd’hui, prononcer son nom sans voir aussitôt m’apparaître un ciel accablé sous une nuit violette ou entendre le martèlement des sabots de chevaux terrifiés dont l’écho retentit à travers des venelles désertées. »

© Khaled Osman

 

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