Les femmes de Karantina
Roman de Nael Al-Toukhi, traduit de l'arabe (Egypte) par Khaled Osman

La narration post-moderne de Nael El-Toukhy

L'Egyptien Nael El-Toukhy voue un véritable culte à Oum Kalsoum, mais puise aussi son inspiration dans le cinéma de Woody Allen, les romans de Kafka et les fables de Borges. C’est sans doute la fusion inédite de ces différentes influences qui explique le succès qu’a connu son roman Les Femmes de Karantina, unanimement salué dans le monde arabe comme l’une des œuvres les plus marquantes de la nouvelle littérature égyptienne.

Traduite en français pour la première fois, l’écriture de ce romancier hors norme surprend par sa vitalité iconoclaste. Renversant la tradition et la légende avec un sens consommé de la subversion, il raconte l’énergie de l’Egypte post-révolutionnaire à travers la fuite en avant de ses protagonistes, notamment le couple Inji et Ali. Poursuivis pour meurtre, ceux-ci se réfugient en Alexandrie. C’est dans les bas-fonds de l’Alexandrie obscure et mystérieuse que se déroule l’essentiel de l’intrigue qui mêle avec brio la noirceur du roman social et les audaces propres aux récits d’anticipation dont l'action est campée en 2064.

Ce roman est aussi une saga familiale qui retrace l'évolution de la société égyptienne sur trois générations, incarnées par une galerie de personnages, les uns plus pittoresques que les autres.



Tirthankar CHANDA, RFI, 18 août 2017, article intitulé "Rentrée littéraire 2017: les 15 incontournables du monde noir."